Camporeale, provincia di Palermo, Sicilia

Camporeale, provincia di Palermo, Sicilia

Camporeale est un bourg de 4000 habitants, à une heure au sud ouest de Palerme où on ne risque pas de rencontrer beaucoup d’autres touristes. Il y a le Camporeale ancien :

et, plus bas, le Camporeale nouveau, le quartier reconstruit après le tremblement de terre de 1968 :

Il y a aussi un B & B bien référencé sur Internet dans la partie ancienne : “Terre di Gratia”.

On ne peut arriver à Camporeale que par des “SP”, des routes provinciales – l’équivalent de nos routes départementales. Mais, précisément, les SP, en Sicile, n’ont pas grand chose à voir avec nos routes départementales. Celles qui mènent à Camporeale sont régulièrement coupées, sur 10, 20, 30 mètres, par des portions de terre et de cailloux qu’il faut passer en première, en évitant soigneusement les trous les plus profonds.   Certaines sont simplement fermées. Quand on n’a pas l’habitude, on peut avoir l’impression que le pays est difficile à atteindre, et qu’il est encore plus difficile d’en sortir… Il n’est pas exclu qu’après avoir roulé pendant un quart d’heure sur une de ces routes dont on n’est pas sûr qu’elle soit bien celle qu’indique le GPS, on ne soit pas effleuré par une pointe de lassitude.

On passe ainsi devant un emplacement ressemblant à un stationnement, entièrement recouvert de détritus, au milieu duquel trône une grande caisse de bois supportant un écriteau : “Divieto di abbandono rifiuti”. La lassitude se transforme en léger malaise.

Il y a 2 pizzerias à Camporeale, celle du quartier nouveau est réputée. Nous n’avons jamais pu la trouver. Il faut dire que le quartier nouveau, s’il a été conçu avec beaucoup de soins et suivant un projet d’urbanisme réfléchi et intéressant avec sa forme d’amphithéâtre, n’a visiblement jamais été entretenu.

Mais il y a le B & B. Un grand appartement années 1980 pour nous seuls (on est à Pâques). La dame est charmante. La courtoisie et les bonnes manières d’une certaine bourgeoisie sicilienne. Ses tartes sont admirables. Nous sommes chez des viticulteurs. Ils produisent du vin bio depuis des années, notamment le “perricone”, “difficile, scontroso ma, anche per questo, complesso e affascinante”, en tout cas excellent et curieux. La dame connaît bien Bordeaux, où sa nièce fait de la recherche en œnologie.

Nous sommes à quelques km de Portella della Ginestra, ce lieu dans la montagne où, en 1947, le bandit Salvatore Giuliano, manipulé par quelques latifondisti et mafiosi, fit tirer ses hommes sur les “braccianti” réunis là pour fêter le 1er mai. 14 tués. Il y a maintenant un monument de Land Art, de Ettore de Conciliis, en hommage aux victimes.

En revenant de Portella della Ginestra, l’emplacement sur la route recouvert de détritus est occupé par une douzaine de personnes équipées de grands sacs qui sont en train de ramasser les ordures. Il est 18 h 30, on est samedi.

Le lendemain, au même endroit, désormais impeccable, il y a de grandes caisses en bois oranges et vertes et un nouvel écriteau : “Prenditi cura dell’ambiente, è tuo”.

 


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